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Pourquoi parle-t-on souvent de PD forward-looking en IFRS 9, mais beaucoup plus rarement de LGD et de EAD forward-looking ?

  • Photo du rédacteur: Linda Matsing
    Linda Matsing
  • il y a 11 minutes
  • 3 min de lecture

Dans le cadre IFRS 9, les banques doivent intégrer une vision forward-looking dans le calcul des pertes attendues (Expected Credit Loss).

La formule simplifiée de l’ECL est généralement : PD*LG*EAD

avec :

PD : Probability of Default ;

LGD : Loss Given Default ;

EAD : Exposure at Default

Pourtant, dans la pratique bancaire et les discussions IFRS 9, on parle énormément de PD forward-looking, mais beaucoup moins de LGD forward-looking et  EAD forward-looking.

Pourquoi cette asymétrie ?


1. La PD est naturellement liée aux cycles économiques

La première raison est simple :la probabilité de défaut est fortement sensible à l’environnement macroéconomique.

Quand l’économie se dégrade :

chômage ↑ ;

inflation ↑ ;

taux d’intérêt ↑ ;

croissance ↓.

Conséquence : davantage d’entreprises et de ménages rencontrent des difficultés de remboursement.

La PD réagit donc très rapidement aux scénarios économiques.

 

2. Le SICR repose principalement sur la dégradation de la PD

Le passage  Stage 1 → Stage 2 est généralement piloté par la variation du risque de défaut. Autrement dit, le SICR est essentiellement une logique de détérioration de PD.

Les banques comparent souvent la PD à l’octroi  et la PD actuelle forward-looking. Donc naturellement les travaux méthodologiques se concentrent énormément sur la PD.

 

3. La LGD est souvent plus stable que la PD

Contrairement à la PD, la LGD évolue généralement plus lentement, car elle dépend surtout des garanties, du rang de la dette, des processus de recouvrement, des collatéraux. Ces éléments changent moins rapidement que la capacité de remboursement des emprunteurs.

 

4. La modélisation forward-looking de la LGD est beaucoup plus complexe

Intégrer du forward-looking dans la LGD est techniquement difficile. En effet, il faut projeter les prix immobiliers futurs, les taux de récupération, les délais de recouvrement , les coûts judiciaires, les comportements de liquidation,…

Ces variables sont très bruitées, peu observables, fortement dépendantes du contexte juridique et opérationnel.

 

5. Les données LGD sont souvent limitées

Les modèles de LGD nécessitent des historiques de défauts complets, des données de récupération longues , des cash-flows de recouvrement détaillés. Cependant, les défauts restent relativement rares , les récupérations peuvent durer plusieurs années.

Résultat :

les bases LGD sont souvent petites et instables.

Cela rend le forward-looking beaucoup plus difficile à calibrer proprement.

 

6. L'EAD forward-looking dépend surtout du comportement client

Pour les produits revolving ( cartes de crédit, découverts, lignes de crédit), l’EAD peut évoluer avant le défaut.

Mais cette évolution dépend surtout du comportement d’utilisation du client , des stratégies de tirage , des politiques bancaires. Ces dynamiques sont plus micro-comportementales  et moins directement liées aux scénarios macroéconomiques.

 

7. La PD explique souvent la majorité de la volatilité des ECL

Dans beaucoup de portefeuilles, la principale source de variation des provisions IFRS 9 est la PD.

 

8. Les régulateurs ont historiquement focalisé leurs attentes sur la PD

Les superviseurs et auditeurs ont longtemps porté une attention particulière aux scénarios macroéconomiques, aux overlays, aux modèles de migration, aux mécanismes SICR. Donc énormément de documentation, de validation et de gouvernance se sont développées autour de la PD forward-looking.

 

9. Cela ne signifie pas que la LGD forward-looking n’existe pas

Attention :

la LGD forward-looking existe bien. Certaines banques intègrent les prix immobiliers projetés, les taux de récupération futurs, les cycles économiques, les haircuts de collatéraux.

Mais ces approches restent souvent moins matures, moins standardisées et moins centrales que la PD.

 

10. En réalité, IFRS 9 exige du forward-looking sur tous les paramètres

La norme IFRS 9 ne dit pas :

“uniquement la PD doit être forward-looking”.

Elle impose une vision prospective sur les 3 paramètres. Mais dans la pratique, la PD est le paramètre le plus sensible au cycle économique, le plus observable et le plus influent sur les provisions. C’est pourquoi elle occupe une place dominante dans les discussions IFRS 9.

 
 
 

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